La situation alimentaire en Haïti atteint un niveau critique. Selon le dernier rapport de la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (CNSA), plus de 5,7 millions de personnes — soit 51 % de la population — souffrent actuellement d’une insécurité alimentaire aiguë. Ce chiffre, en hausse depuis août 2024, illustre une dégradation dramatique, jamais observée dans l’histoire récente du pays.
Les données proviennent du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), avec la collaboration de la FAO, du PAM et du ministère de l’Agriculture. Parmi les plus vulnérables, 8 400 déplacés internes vivant dans des camps ont été classés en phase 5, synonyme de famine extrême. Par ailleurs, 2,1 millions d’Haïtiens se trouvent en phase 4 (urgence), tandis que 3,6 millions vivent une crise alimentaire (phase 3).

Seize zones sont désormais en situation d’urgence, incluant Port-au-Prince, Cité-Soleil, La Gonâve, ainsi que plusieurs régions du Sud, du Nord-Ouest et de l’Artibonite.
La CNSA pointe du doigt des facteurs aggravants : la violence des gangs, les chocs économiques récurrents et les aléas climatiques. Ces éléments combinés freinent l’accès à la nourriture et affaiblissent la production agricole locale.






















