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Des mots, toujours des mots : quand le gouvernement pleure plus qu’il n’agit

Port-au-Prince, le 24 avril 2025 – Une fois de plus, la République s’incline. Une fois de plus, elle pleure. Et une fois de plus, elle promet. Ce 23 avril, deux nouvelles tragédies viennent endeuiller la Nation : des policiers, tombés à Canapé-Vert et à Pacot, dans l’exercice de leur devoir. Comme à chaque fois, le…

Des mots, toujours des mots : quand le gouvernement pleure plus qu’il n’agit

Port-au-Prince, le 24 avril 2025 – Une fois de plus, la République s’incline. Une fois de plus, elle pleure. Et une fois de plus, elle promet.

Ce 23 avril, deux nouvelles tragédies viennent endeuiller la Nation : des policiers, tombés à Canapé-Vert et à Pacot, dans l’exercice de leur devoir. Comme à chaque fois, le gouvernement publie un communiqué solennel, empreint d’émotion, de formules bien tournées et de promesses renouvelées. Mais entre les lignes de ce texte officiel, c’est l’impuissance qui crie, c’est l’inaction qui résonne.

Il ne suffit plus de « s’incliner avec une profonde émotion ». Il ne suffit plus d’envoyer des condoléances aux familles endeuillées. Les oraisons funèbres gouvernementales ne protègent ni les policiers, ni la population. Elles ne désarment pas les gangs. Elles ne ramènent pas la paix.

« La riposte sera implacable », dit le communiqué. Mais de quelle riposte parle-t-on ? Depuis combien de temps entendons-nous ces mots ? Et que voyons-nous, concrètement, sur le terrain ? Des zones entières abandonnées à la violence. Une police débordée, mal équipée, démoralisée. Une population prise au piège entre l’insécurité et la résignation.

La vérité, c’est que l’État haïtien semble s’être habitué à l’échec. Il a fait de la déploration une routine, de l’indignation un automatisme, et de l’inaction une stratégie. À chaque crime, son communiqué. À chaque massacre, ses condoléances. Pendant ce temps, le sang continue de couler, et l’ordre reste un mirage.

Nous ne demandons pas des mots, nous demandons des actes. Nous ne voulons plus de discours, nous voulons des résultats. Il est temps que les dirigeants sortent de leurs salons climatisés pour affronter la réalité du pays qu’ils prétendent gouverner. Il est temps qu’ils cessent de faire du deuil un exercice de communication, et qu’ils prennent enfin la responsabilité de protéger la vie.

La République ne plie pas, dit-on. Mais à force de courber l’échine, elle semble s’être couchée.


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