« Où est passé Mario Andrésol ? » La question résonne de plus en plus fort dans l’espace public haïtien. Nommé secrétaire d’État à la Sécurité publique, celui que l’on considérait autrefois comme l’un des meilleurs connaisseurs des questions sécuritaires du pays brille aujourd’hui par son absence médiatique et son silence inquiétant.
Dans un contexte où Haïti fait face à une insécurité galopante, où les gangs dictent leur loi, où la population vit dans la terreur et où les institutions sécuritaires semblent démunies, l’attente d’une voix experte, posée, mais forte, est plus que légitime. Pourtant, depuis sa nomination, Mario Andrésol ne s’exprime pas. Pas de conférence de presse, pas de sortie publique notable, pas de plan de sécurité annoncé ou défendu devant la nation.

Cette posture étonne. Car Mario Andrésol n’est pas un novice. Ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), il fut à une époque une figure respectée, voire redoutée, dans le monde de la sécurité. On lui reconnaît une connaissance fine du terrain, un réseau solide et une certaine rigueur dans l’approche policière. Justement pour ces raisons, sa nomination avait suscité un mince espoir — celui que peut-être, enfin, quelqu’un de compétent pourrait amorcer un virage stratégique.
Mais depuis, c’est le mutisme. Ce silence, dans un tel contexte, devient lourd. Est-ce un désengagement tacite ? Est-il muselé par le pouvoir ? Est-il dépassé par l’ampleur de la crise ? Est-il là pour la forme, sans réel pouvoir ? Ou choisit-il tout simplement de ne pas s’exposer face à une machine devenue incontrôlable ?

Pendant ce temps, la situation empire. Les routes sont bloquées, les quartiers sont pris en otage, les assassinats et enlèvements se multiplient. Et le secrétaire d’État à la Sécurité publique reste invisible. Une absence d’autant plus troublante qu’elle nourrit le désespoir de ceux qui, encore, croyaient que l’expertise pouvait faire la différence.
Mario Andrésol doit parler. Il doit agir. Il doit expliquer, même s’il est impuissant, même s’il est écarté des décisions. Car le peuple haïtien n’a plus le luxe d’attendre dans le flou. Et parce que le silence d’un homme en position d’agir, en ces temps critiques, peut devenir complice du chaos.






















