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Crise migratoire : le Conseil Présidentiel de Transition face à ses responsabilités

Port-au-Prince, 24 avril 2025 – Dans un contexte de crise migratoire aggravée, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’Haïti a publié ce jeudi un communiqué condamnant les mesures prises par la République dominicaine à l’encontre des migrants haïtiens. Dans 33 hôpitaux publics dominicains, le statut migratoire des patients étrangers est désormais systématiquement vérifié. Les soins…

Crise migratoire : le Conseil Présidentiel de Transition face à ses responsabilités

Port-au-Prince, 24 avril 2025 – Dans un contexte de crise migratoire aggravée, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’Haïti a publié ce jeudi un communiqué condamnant les mesures prises par la République dominicaine à l’encontre des migrants haïtiens. Dans 33 hôpitaux publics dominicains, le statut migratoire des patients étrangers est désormais systématiquement vérifié. Les soins d’urgence sont assurés, mais ceux qui sont en situation irrégulière sont ensuite expulsés — une mesure jugée inhumaine par plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International.

Pourtant, si cette réaction du CPT semble aller dans le bon sens en appelant au respect des droits fondamentaux et à un dialogue bilatéral, elle révèle surtout son impuissance face à la situation. Le gouvernement haïtien de transition, en place depuis des mois, n’a pas été capable de rétablir l’ordre ni de créer un environnement stable et sûr pour ses citoyens. Ce vide institutionnel et sécuritaire pousse chaque jour des milliers d’Haïtiens à fuir leur pays, souvent au péril de leur vie, vers un voisin de plus en plus hostile.

Le CPT, dans son communiqué, « exhorte les institutions haïtiennes à garantir un accueil digne aux compatriotes rapatriés ». Mais de quelles institutions parle-t-on, quand la majorité d’entre elles sont dysfonctionnelles ou inexistantes ? Il est paradoxal de réclamer la dignité pour les rapatriés tout en étant incapable d’offrir les conditions minimales d’une vie décente à ceux qui restent. Le CPT affiche une volonté, mais ne pose aucune action concrète à la hauteur de la crise.

Pire encore, cette situation résulte en grande partie de l’incapacité du CPT à prendre les rênes du pays. Aucun plan cohérent de sécurité n’a été mis en œuvre pour contrer la montée des gangs. Aucun progrès notable n’a été réalisé sur le plan économique. Et malgré les discours, les actes manquent cruellement.

Face à cela, la République dominicaine applique une politique dure, certes discutable, mais qui répond à un vide créé non pas par elle, mais par l’incapacité de l’État haïtien à assumer ses responsabilités fondamentales. Il est trop facile pour le CPT de condamner les actions de l’autre côté de la frontière quand il ne parvient pas, lui-même, à défendre et protéger les citoyens sur son propre territoire.

La crise migratoire actuelle n’est pas seulement le symptôme d’un exil massif, elle est surtout le miroir cruel de l’échec d’une transition politique qui peine à donner une direction claire et efficace au pays. Tant que le Conseil Présidentiel de Transition n’assumera pas pleinement ses responsabilités en matière de gouvernance, de sécurité et de reconstruction institutionnelle, Haïti restera à la merci des décisions des autres — même les plus brutales.


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