En ce 18 mai 2025, jour de célébration du 222e anniversaire du drapeau haïtien, une image surréaliste et profondément troublante a bouleversé les réseaux sociaux : un bandit notoire, Joseph Wilson, alias « Lanmò San Jou », distribuant de l’argent à une foule affamée.
Tandis que le gouvernement et le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) débloquent des centaines de millions de gourdes pour les cérémonies officielles, des centaines de citoyens, plongés dans une misère insoutenable, se tournent vers les chefs de gangs pour survivre. La scène, digne d’un film dystopique, reflète le naufrage moral et institutionnel d’un État qui a abandonné les siens.
L’insécurité alimentaire toucherait près de 80% de la population, selon Etzer Emile
L’économiste Etzer Emile a tiré la sonnette d’alarme sur la situation alimentaire à laquelle fait face presque tous les citoyens haïtiens. Selon l’économiste, à peine 25% de la population haïtienne peut gouter quelque chose chaque jour dans le pays, sous les yeux des autorités. La vie chère bat son plein. Le cout du transport a…
Dans la vidéo, Lanmò San Jou ne fanfaronne pas. Au contraire, il paraît triste, presque impuissant, face à la détresse de ces jeunes, qui risquent leur vie pour recevoir quelques billets de banque. Ce moment bouleversant nous pousse à poser une question terrible : à quoi bon un État si c’est un bandit qui soulage les souffrances du peuple ?
Le Programme des droits économiques et sociaux de Prodige Association dit déplorer cette situation. Il exhorte les autorités à prendre leur responsabilité envers la population.
Cette réalité, si choquante soit-elle, ne glorifie en rien le banditisme. Elle dénonce une classe dirigeante qui, même lors des fêtes nationales, préfère la parade à la justice, les discours au service, les millions aux pauvres.
Haïti devient un pays inversé, où les repères s’effondrent. Le 18 mai n’aura pas été une fête de dignité nationale, mais un cri d’alarme lancé depuis les ruines d’un peuple oublié.






















