Port-au-Prince, 20 mai 2025 — Une trentaine de partis politiques haïtiens se sont réunis ce mardi pour exprimer leur rejet catégorique du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), qu’ils accusent d’incompétence dans la gestion des affaires publiques et de passivité face à l’aggravation de l’insécurité dans le pays.
Parmi les figures présentes à cette rencontre de haute portée symbolique, on note la participation remarquée de Jean Michel Lapin, ancien Premier ministre, Jean Renel Sénatus, ancien sénateur, et Pierre Martin Tatoute, ex-député. Ensemble, ils ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un échec du CPT à répondre aux urgences nationales.

Les responsables politiques réunis ne mâchent pas leurs mots : pour eux, le CPT a failli dans sa mission. Ils lui reprochent notamment l’absence de résultats concrets en matière de sécurité, de gouvernance et de préparation des élections. Selon eux, le pays demeure sans direction claire, et la transition s’enlise dans des intérêts partisans.
« Le Conseil présidentiel n’a ni la légitimité populaire ni la capacité administrative pour conduire la nation », a déclaré un intervenant lors de la rencontre.
Au terme de la réunion, les leaders politiques ont signé un accord formel visant à renverser le CPT. Leur objectif déclaré : remettre le pouvoir entre les mains de la Justice, dans une démarche qu’ils qualifient de « retour à la légalité constitutionnelle ».
Ils affirment vouloir s’aligner davantage sur l’esprit de la Constitution de 1987, qu’ils estiment être la seule boussole légitime pour sortir Haïti de la crise actuelle.
Le projet de transfert de pouvoir à l’institution judiciaire, bien que controversé, est présenté par ses promoteurs comme une alternative crédible à la paralysie actuelle. Ils envisagent cette solution comme une passerelle vers la stabilité, le rétablissement de l’ordre public et l’organisation d’élections libres et transparentes.
Cependant, cette initiative ne manquera pas de susciter des débats, tant sur le plan juridique que politique. Reste à savoir si ce front politique uni parviendra à concrétiser ses ambitions, ou s’il sera perçu comme une tentative supplémentaire de reconfiguration du pouvoir sans véritable légitimité populaire.






















