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Le Dollar, ce Graal inaccessible : Le calvaire honteux des clients des banques en Haïti

Par quelle malédiction un client haïtien, avec de l’argent en main, ne peut-il pas accéder à sa propre monnaie d’échange internationale ? Depuis des années, c’est le même scénario kafkaïen : les banques, particulièrement la Unibank, érigent des murs invisibles contre ceux qui osent demander… du dollar ! En Haïti, se procurer des dollars américains…

Le Dollar, ce Graal inaccessible : Le calvaire honteux des clients des banques en Haïti

Par quelle malédiction un client haïtien, avec de l’argent en main, ne peut-il pas accéder à sa propre monnaie d’échange internationale ? Depuis des années, c’est le même scénario kafkaïen : les banques, particulièrement la Unibank, érigent des murs invisibles contre ceux qui osent demander… du dollar !

En Haïti, se procurer des dollars américains relève désormais de la quête spirituelle. On prie, on supplie, on attend — souvent pour repartir bredouille. Pendant ce temps, les baux immobiliers, les services médicaux, les inscriptions universitaires, tout se paie en dollar. Une absurdité insupportable dans un pays où le dollar est à la fois exigé et interdit.

« Je suis venue acheter du dollar. On refuse de me le donner. J’ai de l’argent, mais je souffre quand même à cause de ce système mafieux », lance une cliente excédée de la Unibank. Elle n’est pas seule. Derrière chaque guichet, chaque terminal fermé, des dizaines de clients vivent le même supplice, sans explication, sans compassion.

Selon plusieurs témoignages recueillis sous anonymat, cette rareté artificielle ne serait rien d’autre qu’un complot silencieux entre l’État haïtien et certains acteurs du secteur privé. Une entente malsaine pour faire monter les prix, spéculer, et asphyxier les plus faibles, pendant qu’une élite bien connectée s’enrichit en paix.

Un paradoxe à ciel ouvert

La plus grande hypocrisie réside dans le fait que l’État tolère — et dans certains cas cautionne — que des services soient tarifés en dollars dans un pays où cette monnaie est inaccessible au commun des mortels. Où est la logique ? Où est la justice économique ? Où est la souveraineté monétaire ?

« Si ce n’était pas un complot contre le peuple, tous ceux qui facturent en dollars seraient déjà en prison », martèle un citoyen en colère. Et il n’a pas tort. Car pendant que la Banque de la République d’Haïti (BRH) limite les transactions en dollars à 30 000 par client et impose un taux officiel de 69 gourdes, le taux réel sur le marché noir dépasse les 130 gourdes. Qui encaisse la différence ? Qui manipule le système ?

Une poudrière sociale prête à exploser

Les complaintes se multiplient et le ras-le-bol général gagne les rues. Derrière chaque plainte, il y a une douleur, un besoin urgent non satisfait. Derrière chaque silence des autorités, il y a un mépris de plus. Mais attention : diriger, c’est prévoir. À ce rythme, l’indignation populaire risque de prendre feu.

Haïti est assise sur un volcan monétaire. Et lorsque l’argent du peuple devient une arme contre lui, l’explosion n’est jamais bien loin.


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