La nouvelle du décès de Garry Didier Perez, figure marquante de la musique haïtienne des années 90, secoue le pays. Après un long combat contre la maladie, l’artiste est parti ce jeudi 28 août 2025, à l’âge de 59 ans. La triste annonce a été faite par Brutus Derissaint, sur la page officielle du groupe Zenglen : « Après un long combat contre la maladie, mon frère Garry Didier Perez nous a quittés aujourd’hui à 12h30. Repose en paix, Frère. »
Pendant des années, l’artiste a souffert en silence. À un certain moment, comme Frankétienne, il a lancé un cri de détresse pour obtenir un soutien financier afin de soigner sa santé. Mais son appel s’est perdu dans l’indifférence. Il est mort dans la douleur, emportant avec lui l’amère déception d’un pays et d’un peuple qui ne savent pas prendre soin de leurs talents.

Membre émérite de Zenglen, Ozone, et interprète de titres immortels comme Fidèl, Anba latè ou encore Tanbou nou, Garry Didier Perez laisse derrière lui un héritage artistique indéniable. Pourtant, comme tant d’autres avant lui, il est parti presque dans l’oubli, loin de la reconnaissance nationale qu’il méritait.
Haïti a la triste réputation de ne pas honorer ses talents de leur vivant. Les artistes, musiciens, écrivains ou sportifs qui marquent l’histoire de la culture haïtienne ne trouvent bien souvent ni le soutien institutionnel, ni la valorisation populaire proportionnelle à leur apport. Ce n’est qu’au moment de leur disparition que l’on mesure l’ampleur de ce qu’ils représentaient.
La mort de Garry Didier Perez n’est pas seulement la perte d’un chanteur à succès. Elle est aussi un miroir tendu à une société qui applaudit ses artistes de loin, mais qui tarde à les accompagner dans la maladie, dans les difficultés, ou même simplement à leur dire merci.






















