Le 4 septembre 2025, la scène en face de l’église Saint-Pierre ressemblait plus à un théâtre de confusion qu’à une véritable manifestation religieuse. Le roi autoproclamé du vodou, Augustin St Clou, avait promis une marche des fidèles. Mais au lieu d’un parcours clair, les centaines de vodouisants rassemblés ont reçu l’ordre d’exécuter des rituels improvisés au rond-point de Pétion-Ville, face au commissariat.
Comment expliquer qu’un leader qui, des semaines plus tôt, affirmait que « les loas donneraient le parcours », ait subitement changé de discours ? Est-ce réellement une directive mystique ou plutôt une incapacité à organiser une mobilisation cohérente ? Certains initiés, sous anonymat, redoutent que les pratiques mystiques effectuées devant un commissariat fragilisent symboliquement la force publique, au profit des bandits que ces mêmes loas seraient censés protéger.
Le paradoxe est saisissant : sur la place Saint-Pierre, des fanatiques crient « Les loas demandent la paix », alors que les quartiers vivent sous la terreur des armes, souvent justifiée ou couverte par ces entités. N’est-ce pas là une contradiction flagrante ?
Face à ce spectacle, beaucoup de citoyens dénoncent une mascarade, une manipulation spirituelle qui ridiculise ses propres adeptes. Le pasteur Josué Pierre-Paul, de Prodige pour Christ International, avait vu juste : comment s’associer à une marche sans ligne, sans direction et sans vérité ?
La marche avortée des vodouisants devient ainsi un symbole : celui d’un peuple trompé, oscillant entre la peur des loas et le besoin vital de trouver une réelle espérance.






















