Un drame d’une rare cruauté secoue la ville de Jérémie. Le mercredi 3 septembre 2025, un adolescent de 16 ans, identifié comme Nathan Pierre, a avoué avoir assassiné un enfant de 9 ans dans le cadre d’un rituel vodou.
Selon les informations confirmées par la Police nationale d’Haïti (PNH), le jeune garçon aurait agi « pour le compte » de sa tante, Kethia Poty, et d’un houngan (prêtre vodou) de la région, qui projetaient de réaliser un sacrifice aux loas.
Les faits
D’après sa propre confession, Nathan Pierre a poignardé l’enfant au niveau des côtes avant de lui retirer les yeux, le cœur et d’autres organes vitaux. Un acte qui a choqué l’opinion publique par sa barbarie.
Arrêté dans la foulée par les forces de l’ordre, le présumé meurtrier a expliqué avoir agi sous l’influence et la demande expresse de sa tante et du houngan.
Réactions de la population
Le jeudi 4 septembre, Kethia Poty a été auditionnée par les autorités judiciaires. Des centaines de citoyens, dont des proches de la victime, ont tenté de lyncher la femme, présentée comme instigatrice du crime. La PNH a dû déployer un important dispositif sécuritaire pour l’empêcher d’être exécutée par la foule. Elle a ensuite été reconduite en cellule.
Un phénomène inquiétant
Ce drame rappelle un autre dossier récent : quelques semaines auparavant, le commissaire du gouvernement de Miragoâne, Me Ernest Muscadin, avait procédé à l’arrestation d’un houngan de la commune de L’Asile, accusé d’avoir causé la mort de plusieurs personnes par des pratiques mystiques. L’homme avait été déféré devant le parquet compétent.
Vodou et société : un débat relancé
Ce nouveau crime rouvre le débat sensible sur la place du vodou dans la société haïtienne. Plusieurs citoyens, sous couvert d’anonymat, estiment que cette pratique représente « un danger réel pour la nation », en raison de l’absence de normes, de principes clairs et d’éthique.
« Ce n’est pas sans raison que les pères fondateurs de l’indépendance avaient combattu avec rage certaines formes de vodou, les considérant comme une menace pour l’avenir de la République », a déclaré un notable local, évoquant des archives et documents historiques laissés par les ancêtres.
Les suites judiciaires
La PNH poursuit son enquête afin de déterminer l’implication exacte du houngan cité par l’adolescent, tandis que le parquet de Jérémie a promis de traiter ce dossier avec « toute la rigueur de la loi ».
Ce crime sordide vient une nouvelle fois souligner les dérives possibles liées à l’utilisation du vodou à des fins criminelles et relance la question de la régulation de certaines pratiques religieuses en Haïti.






















