L’ancien Premier ministre haïtien Jean Henry Céant, déjà sanctionné par le gouvernement canadien pour son implication présumée dans des affaires de corruption et de financement de gangs, se retrouve une nouvelle fois dans la tourmente. L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) l’accuse d’avoir détourné plus de 20 millions de gourdes de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) en août 2021.

Selon le rapport d’enquête, le cabinet notarial de Me Céant aurait mis en place un stratagème sophistiqué pour s’approprier illégalement ces fonds publics, en violation flagrante des règles de gestion et de transparence. L’affaire soulève des inquiétudes sur la persistance des pratiques frauduleuses dans des institutions censées protéger les intérêts des retraités haïtiens.
Face à ces accusations, l’ex-chef du gouvernement sous la présidence de Jovenel Moïse n’a pas tardé à réagir. Dans une sortie médiatique virulente, Jean Henry Céant a dénoncé une campagne de persécution politique orchestrée, selon lui, par le directeur général de l’ULCC, Me Hans Ludwig Joseph. Il accuse ce dernier d’« abus de pouvoir » et de manipuler la justice pour régler des comptes personnels.
Rejetant catégoriquement les conclusions du rapport, Céant affirme que cette affaire n’est qu’une manœuvre visant à ternir son image et à l’écarter définitivement de la scène politique haïtienne.
Ce nouvel épisode relance le débat sur la corruption au plus haut sommet de l’État et sur la capacité des institutions de contrôle à mener leurs enquêtes jusqu’au bout, dans un pays où l’impunité demeure la règle et où la confiance des citoyens envers leurs dirigeants s’effrite de jour en jour.






















