« Des politiciens non élus et des chefs de gangs ont affaibli la sécurité en Haïti et la bonne gouvernance pendant trop longtemps », a déclaré l’ambassadeur américain Dennis Hankins Wooster dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Cette sortie intervient alors que Washington multiplie les sanctions contre des personnalités haïtiennes. Les anciens parlementaires Antonio Cheramy et Arnel Bélizaire figurent parmi les plus récents ciblés par les autorités américaines. Dans la même dynamique, plusieurs chefs de gangs ont désormais leur tête mise à prix, tandis que certains groupes armés sont officiellement classés comme organisations terroristes.
Deux figures influentes du secteur privé, Réginald Boulos et Dimitri Vorbe, installés aux États-Unis, ont également été arrêtés pour financement ou facilitation d’activités criminelles en lien avec la crise haïtienne. Le Département d’État confirme par ailleurs la révocation de visas pour d’autres personnalités accusées d’alimenter l’insécurité.
Ces mesures s’ajoutent à une longue liste de sanctions déjà imposées depuis plusieurs mois. Pourtant, les gangs continuent d’étendre leur emprise sur le territoire. Des observateurs dénoncent une stratégie internationale jugée incohérente, soulignant que certains anciens hauts responsables de l’État mènent une vie paisible aux États-Unis malgré les sanctions.
La crise institutionnelle, elle, reste entière. Aucun scrutin national n’a été organisé depuis près de dix ans. L’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 a ouvert une succession de transitions avortées. Le Conseil présidentiel de neuf membres, issu de l’accord du 3 avril 2024, n’a toujours pas fixé de calendrier électoral.
Pendant ce temps, la violence s’aggrave. Plus de 3 000 personnes ont été tuées depuis janvier, et 1,3 million d’Haïtiens déplacés, selon l’ONU. Malgré le déploiement d’une mission multinationale de sécurité, la Police nationale reste débordée par la puissance des gangs.






















