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La Dérision : Quand le Palais national fuit la réalité

Port-au-Prince a vécu ce matin la démonstration la plus cruelle de l’échec. Il y a eu les mots forts, les promesses, la visite théâtrale du Champ de Mars pour « montrer que les choses vont mieux ». Et puis, il y a eu la réalité, brutale, qui a fait voler ces illusions en éclats. Ce 9 octobre…

La Dérision : Quand le Palais national fuit la réalité

Port-au-Prince a vécu ce matin la démonstration la plus cruelle de l’échec. Il y a eu les mots forts, les promesses, la visite théâtrale du Champ de Mars pour « montrer que les choses vont mieux ». Et puis, il y a eu la réalité, brutale, qui a fait voler ces illusions en éclats.

Ce 9 octobre 2025 restera gravé comme le jour où l’autorité a symboliquement capitulé. Le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé a beau avoir fait un discours de détermination, une « grande première » au Palais National, la réponse des gangs a été immédiate et cynique : des tirs nourris au cœur du pouvoir, brisant la sérénité du Conseil des Ministres.

L’image est déchirante : les membres du Conseil Présidentiel de Transition et le gouvernement, censés incarner la force de l’État, ont été mis en déroute, forcés de fuir. Ils ont fui le même Champ de Mars où ils se pavanaient quelques jours plus tôt.

Mais la véritable tragédie n’est pas la fuite des officiels. C’est l’abandon de ceux qui n’ont nulle part où aller. Ce sont ces citoyens tués aux alentours – simples passants, déplacés internes – dont le sang a servi de macabre réplique à la démagogie gouvernementale. Malgré la présence de l’Armée et des forces spécialisées de la PNH, le pouvoir n’a pu se défendre lui-même, laissant la population face à une violence que même les enceintes de l’État ne peuvent contenir.

À l’heure où les cendres de cette déroute retombent, une question s’impose, lourde et amère : quand, et par qui, la sécurité sera-t-elle véritablement rétablie ?

L’espoir repose-t-il désormais uniquement sur une force internationale ? Après l’échec des promesses locales, devons-nous attendre que des soldats étrangers viennent faire ce que nos propres dirigeants ne peuvent — ou ne veulent — plus faire ?

Le Palais a fermé ses portes, le gouvernement a fui, et l’illusion est morte. Il ne nous reste que le deuil, et la terrible lucidité que l’État, dans sa configuration actuelle, n’est plus qu’une victime parmi d’autres de cette dérision sanglante.

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