Port-au-Prince, 30 octobre 2025 — L’ouragan « Melissa » a provoqué des destructions majeures dans plusieurs départements d’Haïti, notamment l’Ouest, le Sud, le Sud-Est et la Grand’Anse, de l’après-midi du 28 octobre jusqu’au 29. Voici un premier bilan, encore provisoire, et un appel à la mobilisation.
Constat
- Dans le département de l’Ouest, à proximité de Petit‑Goâve (à environ 65 km de la capitale), les inondations provoquées par la crue de la rivière La Digue ont ravagé des zones habitées.
- Dans le Sud, les effets des fortes pluies et des vents ont emporté plusieurs maisons, et même le cimetière de Charbonnière a été dévasté.
- À Jacmel, dans le Sud-Est, la route au niveau de la zone dite « Bassin Caïman » a été arrachée par les rivières en crue, rendant difficile la circulation des bus et voitures — isolement potentiel de certaines communes.
- Au département de la Grand’Anse, des communes ont été lourdement touchées par des inondations et l’érosion des berges.
- Sur le plan national, les services de santé, d’eau, de voies de communication ainsi que les abris d’urgence ont été mis à rude épreuve. L’Organisation pan‑américaine de la Santé (OPS) signale que des kits pour 11 000 personnes ont été prépositionnés en Haïti.
Bilan provisoire
- Le bilan humain officiel indique au moins 24 personnes tuées et 18 portées disparues à la date du 29 octobre pour le pays.
- D’après un compte rendu plus récent, la mortalité pourrait s’élever à au moins 25 morts, et plus de 10 000 maisons inondées, avec près de 12 000 personnes déplacées dans des abris temporaires.
- L’accessibilité des zones sinistrées reste difficile : routes coupées, glissements de terrain possibles, ravines en crue. Cela pourrait conduire à une aggravation de la situation, et à un bilan final plus lourd.
Appel à l’aide et perspectives
Le Prodige Association — via son programme « Droits économiques et sociaux » — lance un appel urgent aux autorités de l’État haïtien et aux organismes non-gouvernementaux pour envisager une aide d’urgence en faveur des communes sinistrées (Petit-Goâve, Sud, Sud-Est, Grand’Anse).
Cette aide devra couvrir :
- l’évaluation rapide des dommages et des personnes déplacées,
- la fourniture d’abris, d’eau potable, de nourriture, de soins de santé,
- la réouverture des axes de communication et des services essentiels (électricité, assainissement),
- la planification d’une reconstruction à moyen terme, tenant compte de la vulnérabilité aux crues et aux glissements.
Enjeux et recommandations
- La localisation des dégâts (zone littorale, ravines, rivières en crue) montre la vulnérabilité accrue d’Haïti aux phénomènes extrêmes liés au climat.
- Il est crucial de prioriser les zones isolées dont l’accès est compromis, afin d’éviter que les populations ne soient laissées sans assistance.
- Une attention particulière doit être portée aux enfants, aux personnes âgées, et aux populations vulnérables, habitant des structures précaires.
- La coordination entre l’État, les collectivités locales, les ONG et les bailleurs internationaux doit être rapide et efficace pour éviter l’aggravation de la crise (risques sanitaires, déplacement prolongé, perte de revenus).
- Un suivi post-urgence est nécessaire afin d’intégrer des mesures de résilience (renforcement des berges, aménagements anti-crues, amélioration des abris, systèmes d’alerte locale).
Le passage de l’ouragan Melissa a laissé un impact significatif en Haïti, tant humain que matériel, avec de lourdes pertes sur le terrain. Bien que le bilan soit encore provisoire, l’ampleur des destructions appelle à une réaction rapide et bien coordonnée. L’aide d’urgence est essentielle, mais elle doit s’accompagner d’une vision de moyen terme pour renforcer la résilience des communautés.






















