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Éditorial : Quand la morale s’effondre, la nation s’effrite

Le niveau moral de la population haïtienne semble avoir atteint son point le plus bas depuis 2019. L’interdiction par l’Administration générale des Douanes (AGD) d’importer des sex-toys a mis à nu une réalité troublante : la profonde dévalorisation des mœurs et la crise éthique qui gangrènent notre société. Ce qui aurait pu passer pour une…

Éditorial : Quand la morale s’effondre, la nation s’effrite

Le niveau moral de la population haïtienne semble avoir atteint son point le plus bas depuis 2019. L’interdiction par l’Administration générale des Douanes (AGD) d’importer des sex-toys a mis à nu une réalité troublante : la profonde dévalorisation des mœurs et la crise éthique qui gangrènent notre société.

Ce qui aurait pu passer pour une simple mesure administrative a provoqué un tollé général. Des voix, parfois virulentes, se sont levées contre les responsables de l’AGD. D’autres, plus subtiles, ont reproché à l’administration de ne pas se concentrer sur « des problèmes plus importants ». Pourtant, l’AGD n’a fait qu’appliquer la loi.

Mais c’est là que réside le vrai problème : le rejet du principe même de la loi. Dans un pays où le désordre est devenu presque culturel, la notion d’autorité morale ou légale est constamment remise en question. La défense de l’intérêt personnel prime désormais sur la sauvegarde du bien commun.

L’un des plus fervents opposants à cette décision, le houngan Bilolo Kongo, a reproché aux autorités de ne pas savoir « choisir leurs priorités ». Comme si faire respecter une disposition légale n’était pas déjà une priorité nationale. Cette réaction illustre une dérive collective : celle d’une société qui confond liberté et permissivité.

Le pasteur Josué Pierre-Paul, interrogé à ce sujet, va plus loin. Il ne déplore pas l’interdiction des sex-toys en soi, mais la mentalité qui anime ceux qui s’y opposent. Selon lui, « c’est parce que les citoyens défendent leurs intérêts personnels au détriment des lois et de la moralité que le pays est parvenu à ce niveau infernal ».

Ce constat est sans appel. L’immoralité ne se mesure pas uniquement à travers la sexualité, mais à travers le mépris croissant des valeurs, de la discipline et de la loi. Plusieurs commerces spécialisés dans les jouets sexuels prospèrent à Pétion-Ville et ailleurs, alimentant une économie parallèle où la décadence s’habille de modernité.

Le problème n’est pas tant la présence de ces objets que le silence des consciences. Les leaders religieux, éducatifs et communautaires doivent comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple question de morale privée, mais d’une bataille pour la survie culturelle et spirituelle du pays.

Quand la loi devient optionnelle, quand l’immoralité se transforme en fierté, quand l’intérêt individuel passe avant la nation, la chute n’est plus un risque — c’est une réalité.

Il est temps que les autorités morales et sociales d’Haïti se lèvent pour restaurer les repères éthiques et spirituels, non seulement contre l’importation des sex-toys, mais contre toutes les formes de déviance qui minent la conscience collective.
Car sans morale, il n’y a pas de justice. Et sans justice, il n’y a pas de nation.


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