Comment un pays peut-il se projeter lorsqu’il traite ses enfants’ son avenir’ avec autant d’indifférence’ de haine et de négligence ?
Un jeune, qui préfère garder l’anonymat, résume la réalité avec force : « Depuis ma naissance, tout ce que je suis, c’est grâce à mes parents et à mon travail. L’État n’a rien fait pour moi. » Une déclaration qui traduit le sentiment de millions d’Haïtiens.
Les institutions censées protéger et réhabiliter sont elles-mêmes en faillite. La prison, au lieu d’être un espace de correction, est devenue un lieu de tensions, de violences et d’abandons où beaucoup n’ont jamais comparu devant un juge. L’absence de justice nourrit la frustration, l’exclusion et la haine.
À cela s’ajoute la manipulation politique : pendant des années, des leaders ont instrumentalisé des jeunes, les poussant sur une pente dangereuse. Aujourd’hui, une grande partie des groupes armés est composée de jeunes de moins de 40 ans. Une génération perdue, privée d’éducation, d’encadrement et d’opportunités.
Pendant que le pays s’enfonce, ses élites observent, impassibles. L’ex-président Jean-Claude Duvalier avait lancé : « Qu’avez-vous fait de mon pays ? » Une question restée sans réponse, alors même que tant de vies ont été brisées depuis.
Les lieux éducatifs, spirituels et communautaires écoles, églises, centres de santé — sont pris pour cibles ou abandonnés. Les espaces qui devraient offrir refuge et transformation deviennent vulnérables.
Face à ce tableau sombre, l’espoir vacille. L’artiste BélO rappelle qu’un jeune a préféré risquer sa vie en mer plutôt que de revenir en Haïti. Pourtant, une voie subsiste : celle de la foi et de la résilience. Comme le souligne le pasteur Josué Pierre-Paul : « Si je n’étais pas chrétien, j’aurais perdu tout espoir. Je me base non sur ce que je vois, mais sur ce que je crois. »
Haïti peut encore renaître, mais seulement si elle protège enfin sa jeunesse et retrouve un sens véritable de justice, d’unité et de responsabilité.






















