Chaque jour, on annonce que plusieurs bandits ont été neutralisés dans différentes zones du pays. Pourtant, aucune de ces zones n’est réellement pacifiée. Les tirs résonnent encore au centre-ville de Port-au-Prince, à Mirebalais, à Croix-des-Bouquets. D’autres localités comme Pont-Sondé, Cabaret ou Source-Matelas continuent d’être vulnérables, comme si les groupes armés se renouvelaient sans fin.
Alors, une question s’impose : si tant de bandits ont été mis hors d’état de nuire, pourquoi la situation ne change-t-elle pas ? Est-ce que les forces de l’ordre affrontent réellement des groupes structurés, ou assistons-nous plutôt à un phénomène social plus profond, où une partie de la population, surtout les jeunes, est aspirée dans la coalition criminelle Viv Ansanm ?

La réalité est troublante. Malgré les opérations, les renforts internationaux et les entraînements des unités spécialisées, la paix semble encore lointaine. Normalement, après tant d’efforts, on devrait au moins sentir un souffle d’espoir. Au contraire, l’insécurité se déplace, se transforme et parfois s’amplifie.
Cela montre que le problème n’est pas seulement militaire : il est social, politique et économique. Beaucoup de jeunes rejoignent ces groupes non par choix, mais par désespoir. Ils se sentent oubliés, sacrifiés par une élite qui n’a pas su offrir un avenir crédible. Face à l’absence d’opportunités, l’engrenage criminel devient, pour eux, une “porte de sortie”.





















