La récente conférence diplomatique de deux jours, réunissant les membres du Conseil de Transition, le gouvernement et le corps diplomatique haïtien, soulève de sérieuses interrogations.
Comment des dirigeants sans mandat constitutionnel clair peuvent-ils prétendre tracer les orientations diplomatiques d’Haïti pour les 25 prochaines années ? Tandis que l’État est absent dans de larges portions du territoire, que l’insécurité paralyse la vie nationale et que la population survit dans une crise humanitaire aiguë, les autorités multiplient les discours solennels sur la dignité, la souveraineté et le rayonnement international.

Le paradoxe est frappant : un pouvoir fragile, contesté et incapable d’assurer la sécurité des citoyens se projette en architecte d’une diplomatie ambitieuse. Cette mise en scène contraste avec l’échec patent de l’action publique sur le terrain. La diplomatie ne peut être forte quand l’État est faible, ni crédible lorsque ceux qui la portent ne disposent pas de la légitimité du peuple.
À force de conférences, de slogans et de promesses, les autorités donnent l’impression de se jouer de la Nation. Haïti n’a pas besoin de déclarations grandiloquentes, mais d’un pouvoir légitime, responsable et ancré dans la volonté populaire, seul capable de redonner sens à la diplomatie et espoir au peuple.






















