Mackenson Dorilas, plus connu sous le nom de « Prophète Mackenson », a retrouvé sa liberté à la suite d’une ordonnance de mainlevée du mandat d’écrou rendue le 18 septembre 2026 par le juge d’instruction Étienne Mercier.
Cette décision intervient alors que Dorilas était détenu depuis son arrestation par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), le 8 juillet dernier, dans le cadre d’une enquête portant sur une présumée affaire d’escroquerie liée à une agence de voyage.
La libération de Mackenson Dorilas ne signifie toutefois pas que l’enquête judiciaire est terminée ni qu’il a été définitivement mis hors de cause. Une ordonnance permettant à une personne poursuivie de recouvrer sa liberté pendant la procédure ne constitue pas, en elle-même, une décision établissant son innocence ou sa culpabilité.
Une affaire liée à une agence de voyage
Mackenson Dorilas avait été arrêté le 8 juillet 2026 par des agents de la DCPJ alors qu’il quittait le parquet de Port-au-Prince. L’interpellation faisait suite à une enquête concernant une agence de voyage dont il aurait fait la promotion.
Plusieurs personnes avaient porté plainte, affirmant avoir remis de l’argent et des documents dans l’espoir d’obtenir des services liés à des voyages à l’étranger. Le dossier a notamment été présenté dans la presse comme comportant des allégations d’escroquerie, d’abus de confiance, d’usage de faux et d’association de malfaiteurs. Les montants évoqués dans les différents comptes rendus de presse ont varié au fur et à mesure de l’enregistrement de nouvelles plaintes.
De son côté, Mackenson Dorilas a rejeté toute implication dans les faits qui lui sont reprochés. Lors d’une audition en juillet, il avait déclaré ne pas être impliqué dans l’affaire, tandis que son avocat, Me Arnel Rémy, l’assistait dans la procédure.
Le dossier ayant dépassé le stade des premières auditions au parquet, il a été confié à l’instruction, où les responsabilités individuelles doivent être déterminées sur la base des éléments recueillis.
Un personnage déjà controversé dans le milieu religieux
Cette affaire judiciaire intervient alors que Mackenson Dorilas est connu du public haïtien depuis plusieurs années en raison de ses prises de position et de certaines pratiques religieuses controversées.
En 2018, il avait notamment été convoqué au parquet de la Croix-des-Bouquets après la diffusion de déclarations dans lesquelles il présentait une préparation comprenant notamment des punaises de lit comme prétendu traitement contre le VIH/SIDA. Les autorités judiciaires s’étaient également intéressées aux conditions d’exercice de son ministère et au fonctionnement légal de sa congrégation.
Cette controverse avait suscité de nombreuses réactions dans la société haïtienne, notamment autour de la responsabilité des responsables religieux lorsqu’ils donnent à leurs fidèles des conseils touchant à la santé. Les autorités avaient alors demandé à Dorilas de fournir des documents concernant l’exercice de son ministère.
Une libération qui appelle à la prudence
L’affaire Mackenson Dorilas rappelle surtout la nécessité, pour les citoyens, de faire preuve de vigilance avant de confier leur argent, leurs documents personnels ou leurs projets de voyage à une personne ou à une agence présentée comme intermédiaire.
La liberté provisoire de Mackenson Dorilas ne constitue donc ni une condamnation, ni une déclaration d’innocence définitive : elle marque une étape dans une procédure qui reste en cours.

















